lundi 17 décembre 2007

Inspiration et canon des écritures

La racine du mot canon vient du mot Hébreu « kanah » et du mot grec « kanon » et sa définition est « une règle », « une norme ». Le canon désigne l'ensemble des Livres reconnus comme inspirés par une communauté religieuse. Inspirés ... à mon avis, c’est le caractère déterminant pour la constitution d'un Canon. En effet, n'oublions pas que la Bible ne raconte pas une histoire comme les autres ; Dieu nous parle au travers des écrits de la Bible

Dès les premiers chapitres de la Genèse, l’homme a mis en doute la parole de Dieu : « Dieu a-t-il réellement dit … ? » (Gn 3,1). Paul, lui, affirmait : « Je crois tout ce qui est écrit dans la loi et dans les prophètes » (Ac 24,14). Pour les apôtres comme pour Jésus avant eux, il ne fait aucun doute : l’Ancien et le Nouveau Testament sont la parole même de Dieu, ils sont inspirés. Mais qu’entendons-nous par « inspiration » ?

J.-M. Nicole dans son Précis de Doctrine Chrétienne, définit l’inspiration comme « L’action du Saint-Esprit agissant sur l’auteur sacré et lui permettant d’exprimer d’une manière exacte ce que Dieu lui a révélé. »

En 2 Tm 3,16, Saint Paul nous dit que « toute Ecriture est inspirée de Dieu » et Saint Pierre ajoute que « c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 P 1,21). L’Ecriture trouve donc sa source en Dieu et non dans l’homme, mais elle respecte tout ce qui fait la personnalité de l’homme, son style, son histoire. D’ailleurs, l’auteur n’est pas omniscient (Da 12,8-9).

En conclusion, on peut dire que le livre de la Bible est une parole divine et humaine.

Oui, mais alors, tout le monde qui se sent inspiré peut écrire ou parler au nom de Dieu ?

C’est là où rentre en jeu ce que l’on appelle la canonicité des écritures. Je ne vais pas en faire toute l’histoire, mais mon frère séminariste Samuel utilise le terme de « sélection naturelle » qui me convient assez bien (en tant que biologiste !) pour expliquer le processus de formation du canon des écritures. Les textes utilisés pour nourrir la foi des communautés, reconnus comme utiles pour l’édification de celle-ci et pour les faire vivre de cette expérience de Dieu que l’auteur a faite ont ainsi été rassemblés pour former ce que nous appelons aujourd’hui la Bible. Sont reconnus à ces textes, Parole de Dieu adressée aux hommes, autorité et crédibilité[1]


[1] Et non pas obligatoirement authenticité car est authentique un livre qui a bien été écrit par l'auteur auquel il est attribué. Par exemple, la finale de Mc (16,9-20) n'est pas authentique, mais elle est canonique.

2 commentaires:

Paul Muller a dit…

Je trouve votre article très interessant car il renvoie au fondamentalisme. Je m'explique !

Avec l'affaire du "créationnisme" (si on peut parler d'affaire !), est réapparue la lutte entre fondamentalistes (créationnistes) et évolutionnistes ! Elle pose la question de l'interprétation des écritures et donc aussi de son inspiration ! Il est bien de resituer l'inspiration avec la canonicité mais peut-on donner une juste interprétation de l'inspiration ? Pouvons-nous juger si telle inspiration est bonne ou mauvaise ?

Sur la canonicité

Deo Gratias a dit…

Merci pour votre intérêt à ce blog et pour vos commentaires très pertinents (peut-être manque-t-il d'ailleurs une partie de votre dernier commentaire ?) !

Tout le monde ne connait pas l'affaire du créationnisme mais je veux bien essayer d'en dire quelques mots en rapport avec la question du fondamentalisme !
Si pour les fondamentalistes, la Bible est bien une révélation de Dieu, cela en garantit sa vérité dans tous les domaines, y compris de la science ! La notion de fondamentalisme se réfère à un radicalisme qui s'abrite derrière cet adage "sola scriptura" (entre autre pris par la Réforme !). Cette expression "par l'Écriture seule" ne signifie pas pour autant une lecture simpliste de la Bible, c'est à dire une lecture qui excluerait tout effort de compréhension de la Bible qui tiennent compte des approts scientifiques. La commission biblique pontificale souligne à juste titre en quoi les fondamentalistes ont raison d'insister "sur l'inspiration divine de la Bible et sur l'inerrance [qualité de l'Ecriture de n'enseigner aucune erreur] de la Parole de Dieu" ; mais les fondamentalistes ont tort lorsqu'ils refusent de tenir compte du caractère historique de la Révélation.
Ainsi, le fondamentalisme se rapproche du créationnisme quant à l'"innerance verbale de l'Ecriture", qui est un des cinq points qui le définissent (voir "interprétation de la Bible dans l'Eglise" de la commission biblique pontificale). Quant aux créationnistes, il s'agit de personnes qui tiennent pour conforme à la réalité le récit fait dans le livre de la Genèse, qui serait le compte-rendu exact de la formation de l'univers et de la vie.
Finalement, la conception de l'inspiration chez les créationnistes est comme dictée de Dieu, ce qui fonde leur convistion que le texte biblique l'emporte sur les connaissances humaines. Or la lecture littérale est bonne quand elle fonde toutes les autres : elle demeure première mais elle ne suffit pas !

Hors, consciente d'être aidée par l'Esprit-Saint (ce qui n'est pas un moindre critère !) dans cette compréhension et son interprétation des Ecritures, la lecture chrétienne de la Bible ne refuse pas tout questionnement et toute recherche critique.

Finalement, la conception de l'inspiration chez les créationnistes est comme dictée de Dieu, ce qui fonde leur convistion que le texte biblique l'emporte sur les connaissances humaines. Or la lecture littérale est bonne quand elle fonde toutes les autres : elle demeure première mais elle ne suffit pas !

J'espère avoir répondu en partie à votre deuxième question ; je pense qu'il faudrait ensuite parler du magistère de l'Eglise, de l'infaillibilité... mais cela est un domaine qui demanderait un blog à lui tout seul ;-)))